Crème

CRÈME  كريم

photographies / récits multimédias

 

«À travers le quotidien, les déboires et les rêves de celles et ceux qui travaillent la fripe, les inégalités de la société tunisienne se dévoilent.»

 

Avec près de 150.000 tonnes de fripes importées par an, soit 150 kgs par habitant, et 46 usines de tri, la Tunisie est devenue un nœud du commerce mondial de fripes, incontournable à l'échelle méditerranéenne. Les habits viennent d'Europe et d'Amérique du Nord, collectés puis revendus par des ONGs ou des entrepreneurs privés. Comme le reste du pays, Tunis et ses banlieues regorgent d'entrepôts, de boutiques et de marchés aux fripes.

Portraits Multimédia (extrait)
Les récits d'un vendeur, d'une trieuse et d'un marchand témoignent de la tension entre un quotidien qui enferme et le recours à l’imaginaire, qui ouvre vers d'autres vies possibles .

La cherté de la vie et le chômage de masse rendent les fripes doublement indispensables aux Tunisiens : pour se vêtir à bas prix, d'abord ; pour y travailler, ensuite. Le commerce de la fripe emploierait ainsi près d'un million de personnes, pour une population qui en compte dix millions. Corruption, contrebande, travail au noir règnent en maîtres pour le profit des « barons de la fripe », une poignée d'importateurs et propriétaires d'usines de tri, qui savent éviter taxes et réglementations. Les autres travailleurs de la fripe, marchands, ouvrières des centres de tri, vendeurs de marché ou ambulants, se débrouillent.

« Crème » fait référence à la fripe de haute qualité et propose une immersion dans ce commerce très hiérarchisé. À travers le quotidien, les déboires et les rêves de celles et ceux qui travaillent la fripe, les inégalités de la société tunisienne se dévoilent.

L'habit fait le moine
Une typologie des différents styles tunisois entièrement en fripes.

Stephanos Mangriotis & Lucile Gruntz

Le projet est né d'une enquête ethnographique de Lucile Gruntz et d'une commande de création visuelle de Stephanos Mangriotis pour l'exposition « Vies d'Ordures » au Mucem (Marseille, février - août 2017)