Moughtareb

MOUGHTAREB 

photographie & récit multimédia

«Moughtareb est l'histoire de trois jeunes Égyptiens tiraillés entre nostalgie, xénophobie et espoir.»

Durant l’hiver 2013, nous passons un mois avec Ibrahim, Mohammed et leurs colocataires à Keratsini. Plus marins ni pêcheurs, les jeunes hommes se lèvent à l’aube pour chercher du poisson à la criée, qu’ils vendent ensuite au porte-à-porte et sur les marchés du quartier. Malgré le racisme et la clandestinité, ils espèrent ainsi réaliser au plus vite leurs rêves.

Dans un quartier du port d’Athènes ébranlé par la crise et la violence d’extrême-droite, de jeunes marins égyptiens se débrouillent en revendant du poisson à la sauvette aux habitants grecs désargentés.

Dans la nuit du 6 juin 2012, dans le quartier de Perama, des membres du parti néo-fasciste Aube dorée attaquent la maison d’Ahmed, le premier poissonnier égyptien établi au Pirée. Un ami du poissonnier manque de peu y laisser la vie. Suite à l’attaque de "la nuit d'Aube dorée", Ahmed déménage dans le quartier voisin de Keratsini, où vivent beaucoup de compatriotes.

Au Pirée, les Egyptiens sont nombreux à travailler dans les métiers de la mer. En vertu d’un accord bilatéral, l’Egypte bénéficie de contrats saisonniers pour ses ressortissants embarqués sur les bateaux de pêche grecs. Ce «privilège» ménage une fissure dans la forteresse migratoire européenne. Des marins égyptiens s’installent à terre, quand d’autres débarquent illégalement au Pirée. Là, ils achètent du poisson au prix de gros pour le revendre clandestinement et à bas prix à une clientèle grecque appauvrie par la crise.

Film 7' 2015
Format 16/9
Langue originale : Arabe
Sous-titres : Français & Anglais
Diffusion : Internet, DVD ou fichier numérique MP4 H264

Entretiens & Son : Lucile Gruntz
Image: Stephanos Mangriotis

« Keratsini, novembre 2013. Le quartier ne colle pas avec l’image chaotique attachée à la capitale grecque. Les maisonnettes ou immeubles de deux à trois étages, ceints de jardinets soignés, composent un lacis de rues bordées de bigaradiers. Les aboiements des chiens répondent aux chants des oiseaux en cage aux balcons. L’odeur d’iode imprègne les maisons, rappelant le port industriel tout proche...»

Lire l'article de Lucile Gruntz issu du même séjour sur le site de la revue Justice Spatiale

Projections / Publications Web
Jean Rouch International Film Festival, Mediapart (Web, 10/5/2016) Festival Nuits Photographiques, MuCEM, MADAMASR (Egypt, Web 18/11/2015), FOTO 8 (UK, Web 6/11/2015), Courrier International (Web, 22/10/2015).

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